De sorties en connaissances, et de connaissances en sorties, je commence à mettre quelques orteils dans la communauté expat française de Shanghai…Et je commence à comprendre comment on peut passer deux ans dans cette ville sans parler chinois (sauf pour donner des adresses aux chauffeurs de taxi), et sans avoir aucun contact avec le monde chinois. Shanghai fourmille d’endroits fréquentés uniquement QUE par des blancs (boites, bars, restos…), typiquement sur un mode occidental (la petite touche locale de ce genre d’endroit : les prostituées chinoises à l’affût du blanc).
Sous cet angle, c’est vrai que Shanghai offre le visage d’une ville internationale, remplie d’étrangers. Pour le match France/Angleterre, une concentration de plus de 1000 blancs sur deux bars, c’était assez hallucinant !!! J’ai passé quelques soirées ainsi à n’entendre parler que français. Bon c’est normal mes amis sont français, mais ça devient inquiétant quand les gens autour de vous parlent français ou que vous alliez, de 8h du soir à 4h du matin. (Évidemment il y a la variante je parle anglais, ou encore allemand)
Bon honnêtement, je pense que d’ici deux mois j’aurais appris à conjuguer mes verbes au plus-que-parfait !
Egalement, jusqu’à présent je ne m’étais presque exclusivement nourrie de zhongguo cai (cuisine chinoise) dans des petits bouis bouis. Mais il y a 3 carrefours à Shanghai, et en cherchant bien, c’est possible de passer au moins une semaine à ne manger que du pain, du fromage et du chocolat (avec une fourchette et un couteau s’il vous plait).
Je vous avoue que j’ai récemment craqué pour un paquet de petits écoliers et du pain. Ca a illuminé mes petits dej, avec un bon café il y a presque un petit quelque chose de là-bas…
Pour info, le paquet de petits écoliers est aussi cher qu’en France, circuit d’importation douteuse oblige. Par contre le pastis est à 4euros. Et ça, ça fait du bien !! (mais ne vous inquietez pas, je ne prend pas (encore) de pastis au petit dejeuner).
En fait, c’est vraiment étonnant d’expérimenter un genre de vie ou on raisonne en terme de blancs/asiatiques. On est des blancs (à fort pouvoir d’achat). Il y a des endroits pour blancs, il y a des circuits sociaux propres aux blancs. Je trouve que cette situation a des petits accents post (ou néo ?)-coloniaux qui sonnent étranges.
Même si je préfère vivre Shanghai sous l’angle chinois, et que les ambiances expats, très peu pour moi, merci, il est indéniable que je ne peux pas lutter contre mon statue de blanche, et les chinois étant quand même très différents de nous (et c’est peu dire !), avec en plus la barrière de la langue, le résultat est qu’au final je suis intégrée, et me sens à l’aise, dans des cercles de français, ou plus largement d’européens.
Je resterais éternellement une laowai en Chine…(mot en langue orale qui permet de désigner les étrangers d’une façon un peu familière, voire péjorative, et c’est ainsi que je me fais nommée lorsque je passe dans les rues (kan-kan, shi yi ge laowai !).
C’est assez dur de réaliser, lorsque l’on doit rester pour un an dans un pays, qu’on ne pourra jamais s’y sentir chez soi…
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