D’abord, c’est une ville du Nord, une ville froide sous tous ses aspects. D'un point de vue climatique, il fait beaucoup plus frais qu’à Shanghai (10°C en moyenne lorsque nous y étions, alors que nous sommes encore en T-shirt ici bas), l’hiver, la température peut descendre jusqu’à -30°C.
Alors donc:
- une nourriture beaucoup plus frustre et roborative, composé de viande bouillie et de pain principalement. Première fois en un mois et demi que j’ai mangé des galettes de pain !!!
- des gens plus froids et plus fermés.
- Des couleurs typiques du Nord : le gris pastel et le gris ardoise dominent, des maisons de la vieille ville aux nouvelles constructions.
- Une ville qui s’éteint plus tôt : à 5h30 le soleil et le froid tombe, très vite Pékin devient ainsi une ville ou les gens désertent les rues pour aller s’emmitoufler chez eux.
- Beaucoup d’arbres, le long des avenues et de nombreux parcs.
- Une ville très aérée, trés étendue et trés espacée, ce qui lui donne un coté "paisible".
- Les gens ne vivent pas dehors. Contrairement à Shanghai, il n’y pas ce fourmillement de marchés en plein air, de stands de bouffe, les gens ne mangent pas, ni ne discutent, ni ne jouent dehors.
- C’est une ville très impersonnelle, ou l’on ne saisit pas de « vie de quartier ».
En fait Pékin, c’est une ville de grandes avenues parallèles et perpendiculaires, qui parfois entourent ce qu’on appelle des « huli hutong », c’est-à-dire des coins de vieille ville délimités par des murs ou des rempart que longent les dites avenues.
Une rue à Pékin, c’est du 4 à 6 voies, voire à 8 voies, avec une rangée d’arbres et des pistes cyclables de chaque coté. Pour traverser, il y a des tunnels ou des passerelles mis à disposition des piétons. Le long d’une rue, c’est une succession d’immeubles rectangulaires assez espacés, pas trop hauts, une dizaine d’étage en moyenne. Aucune fioriture, c’est l’architecture froide et fonctionnelle dans toute sa splendeur.
Lorsque l’on passe en voiture, c’est quasi impossible de distinguer, du fait de la largeur de la rue, des restaurants ou magasins, ou commerces de quelque autre type. Pékin n’incite donc pas vraiment à la balade…Le centre de Pékin ressemble à une grande banlieue résidentielle de type stalinienne…
La nuit, la ville est relativement peu illuminée, quelques beaux immeubles se détachent dans le ciel, et Tian An Men luit de plein feux, mais c’est tout…pas un chat dans les rues, la night life attendra plus tard !
Une autre chose qui m’a surprise, mais en fait c’est tout à fait logique en vue des JO, la ville est totalement clean. Les rues sont d’une propreté irréprochables, les immeubles du centre sont quasiment immaculés, la ville a vraiment l’air d’être tirée à 4 épingles. Elle fait surréellement neuve et pimpante, brossée de tous les cotés ! (Note : j’ai vu la ville sous un soleil éclatant, ce qui peut expliquer cette impression de fraîcheur) Le vieux Pékin a un charme désuet. C’est des petites maisons d’un étage en brique grise et toits d’ardoise, complètement délabrées, ou il subsistent des petits commercent d’un autre temps (parfois entre les magasins de souvenirs…).
Les grandes avenues typiques de Pékin:
Les parties vieille ville, autrement dit les Hutong:
Pour conclure, comparé à Pékin, Shanghai m’apparaît plus que jamais show-off et délirante (et vas-y les petites colonnades, et le contre-plaqué or, et l’immeuble le plus haut du monde avec des lumières roses fluos kitchissimes), vouée au culte de l’argent et la réussite, mais surtout complètement bordélique, plus peuplée, plus bruyante, plus crade (et oui !), plus étroite, et enfin, beaucoup plus libérale !
Dernière remarque, Pékin est très touristique, dans des proportions gigantesques par rapport à Shanghai. C’est normal, il y a beaucoup plus de sites et de monuments à visiter (à ce propos, Pékin a une vie culturelle d’un point de vue historique bien plus développée que celle de Shanghai). On s’est ainsi souvent retrouvés noyés au milieu de groupes à caquette orange!!
Nous avons aussi eu la désagréable surprise d’avoir été essayé d’être escroqués sur de la nourriture. Trois fois, on nous a dit des prix insensés pour des produits aussi basiques que des galettes de blé ou des raviolis (de l’ordre de 10kuais, alors que cela doit coûter 5 centimes). C’est dans ces moments là que j’ai regretté de ne pas savoir dire « Me prend pas pour une conne » en chinois. Donc notre réaction typique : les yeux qui expriment le fameux me-prend-pas-pour-une-conne à défaut d’autre chose, et nous voilà entrain d’expliquer, parce que ça on sait dire, qu’on habite Shanghai, et que les prix on les connaît, et qu’on mange ça tous les matins. En général, notre interlocuteur a un soupir de mépris, nous dit que Shanghai c’est pas Pékin, et au final on se barre sans payer, ou sans manger, au choix.
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