Quelque chose m’a frappé dès mon arrivée en Chine : il y a une vraie distinction sociale entre chinois de peau blanche et chinois de peau basanée.
Vous pensiez que la société française, avec tous les discours sur les ratés de l’intégration et patati et patata stigmatisait les « bronzés », les beurs, les arabes, les blacks, enfin tous ce que vous voulez… ?
Ici, dans toutes les publicités, tous les spots officiels de la Police, et plus généralement dans les représentations collectives, le pauvre, le méchant, le voleur, celui dont on doit se méfier en prenant le métro, c’est le basané. Ainsi, dans les petits messages de prévention destinés aux usagers des transports en commun, les pickpockets et les clochards sont des chinois à peau sombre, les yeux en fente pour l’air méchant, alors que les gentils passagers sont des chinois à peau d’un blanc ivoire (avec les yeux à peine bridés d’ailleurs).
L’imaginaire social chinois déconsidère donc, voire méprise, les chinois à peau foncée. Il y a quelques raisons pour expliquer cela :
1. sur la base de critères physiques, être coloré, c’est mal, c’est degueu, c’est beuark beuark. L’idéal de beauté, ici, c’est la blancheur. Toutes les belles veulent être la plus blanche possible, tous les produits de beauté sont « whitening », et sortent leurs parapluies dès qu’il y a un rayon de soleil. Il y a toujours eu dans la culture chinoise ce culte pour la pâleur, et à cet héritage traditionnel se rajoute aujourd’hui l’admiration pour les beautés à l’occidentale, c’est-à-dire les yeux ronds et clairs, et la peau et les cheveux pales. Les chinois les plus beaux sont réputés pour être ceux du Nord, grand et à peau blanche. Parcontre ceux du Sud, pouuaaah, ils sont tous marrons, et en plus ils sont petits. (pour info, le sud de la Chine commencent à partir de Shanghai, voire un peu au-dessus, en fait il commence en-dessous de la latitude à partir de laquelle s’arrête le chauffage), et les Pekinois par exemple méprisent les chinois du Sud au plus haut point, un peu des sous-hommes quoi, alors qu’eux…
2. Bon ensuite, le bronzage, c’est l’apanage du campagnard, de celui qui travaille en plein air. C’est donc synonyme de pauvreté, c’est le frustre mal éduqué qui est bronzé. Pour la nouvelle classe moyenne chinoise, qui sort de 60 ans de pauvreté, il n’y a que du mépris pour ces chinois restés à un niveau de dvpt inférieur.
3. La réalité, c’est qu’à Shanghai, toutes les petites professions, tous les sous-fifres sont des chinois « bronzés ». C’est comme si en France, tous les balayeurs, les éboueurs, les madames-pipi, les plombiers, les réparateurs de tt sortes, les ouvriers, les vendeurs de churros, etc…étaient tous, mais alors absolument TOUS, des maghrébins.
Et alors d’où viennent ces chinois bronzés ? Des campagnes, des régions pauvres du centre et du Sud de la Chine. Pas très dur à comprendre que ce sont eux ces fameux migrants ruraux qui viennent gonfler les rangs de la misère urbaine.
Bon voilà, c'était mon observation du jour!!
après, je ne connais pas assez la société chinoise pour tirer des conclusions, mais bon j'espère que d'ici la fin de l'année, j'aurais un peu plus de matière!
Saturday, November 17, 2007
Subscribe to:
Post Comments (Atom)
No comments:
Post a Comment