
En se promenant dans les rues de Shanghai, force est de constater que les chinois ont une physionomie très "moyenne", avec deux sens à l'emploi de ce terme:
- Ils ne sont ni très gros ni très maigres, et ni très grands ni très petits.
- Se dégage de cela une sensation d'uniformité physique, et l'impression qu'il existe une norme d'apparence.
Si l'on s'intéresse à la question du poids, globalement toute la génération des jeunes adultes est mince, un petit bedon commence à apparaître avec l'âge, rien de très anormal jusqu'à là.
Mais si l'on regarde les moins de de 18 ans, alors là, ça commence à être la cata! Il y a une proportion d'enfants gros inquiétante, et ce d'autant plus que:
- les générations précédentes ne connaissent pas ce phénomène du bourrelet,
- plus on descend dans la classe d'âge des 0-18 ans, plus les petits chinois sont en surpoids. C'est-à-dire que j'ai l'impression que dans les 5/6 ans, il y encore plus d'obèses que dans les 16/18. (et c'est assez triste d'être plus large que haut à cinq ans...)
Selon une enquête menée récemment par le Bureau de la santé de Shanghai, 15% des garçons et 9% des filles âgées de 7 à 18 ans sont en surpoids. Ces deux chiffres sont supérieurs à la moyenne nationale qui sont respectivement de 11% et 5%.
(source: ChineInformation.com)
Pour avoir un peu observé les habitudes alimentaires de ces little budhas, je peux dire qu'il n'y a pas de surprises à ces chiffres.
D'abord il faut savoir que la plupart de ces enfants sont des enfants uniques, ultra-choyés par leurs parents issus de la nouvelle classe moyenne shanghaienne. Ces derniers ne leur refusent rien et peuvent les gaver jusqu'à l'épuisement.
De plus, c'est dans la culture chinoise, non pas de beaucoup manger, mais de manger comme si la journée était un repas ininterrompu du lever du soleil au coucher (c'est un vieux proverbe chinois qui le dit!). Donc le grignotage est dès l'origine une habitude ancrée dans les gènes des chinois. Sauf que maintenant les jeunes grignotent des snacks achetés au MacDo (beaucoup plus tendance!), et non plus du riz bouilli ...
Ensuite, comme dans tous les domaines de la société chinoise, il n'y a pas encore ici une approche qualitative de l'alimentation (bien que justement elle commence à se développer devant le problème croissant de l'obésité infantile). Le concept de nutrition est inconnu, et pense qu'un petit chinois ne se doute absolument pas qu'un soda est bien plus sucrée que l'eau, ni que manger une crêpe frite est plus gras que mâcher du pain.
C'est assez frappant de constater à quelle point chaque génération en Chine rattrape l'Occident à une vitesse de plus en plus en rapide. Je m'explique:
Si aujourd'hui à Shanghai la génération des 30/50 ans m'évoque celle du même âge lors de nos Trentes Glorieuses, et que les 15/25 ans ressemblent aux vingtennaires des années 80/90 ans, je pense qu'il y a à l'heure actuelle peu de différences entre un petit chinois de 8 ans et son homologue européen (hormis les différences civilisationnelles inaltérables bien sûr...)
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