Sunday, April 13, 2008

Vous reprendrez bien un peu de salade?



Alors que je traversais la province du Shanxi en train, en regardant distraitement les champs de colza alentours, j'ai réalisé que je n'avais encore jamais vu un tracteur en Chine.
Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir parcouru des kilomètres de campagne au cours de tous mes voyages!!

Cela m'a alors sauté aux yeux: l'agriculture est restée complètement traditionnelle en Chine, ce qui est surprenant quand on constate la modernisation accélérée des zones urbaines.

Ici, toutes les surfaces cultivées le sont à la force des bras et du coup de pioche, les champs se divisent ainsi en parcelles de taille humaine, ou se succèdent différentes cultures et des zones de jachère. Tous les travaux agricoles se font encore à la main. Je n'ai jamais vu dans les champs autre chose que des petites silhouettes courbées. Ah non, parfois une charrue et un ou deux chevaux (variante: des boeufs également).
Pas de serres, pas d'entrepôts, pas de jets de pesticides, pas de champs de mais s'étalant à perte de vue...vous comprendrez que nous sommes bien loin des plaines de La Beauce et de l'agriculture intensive!!!

Voici un extrait d'un article qui évoque cette particularité chinoise, à la lumière de l'éventualité d'une crise alimentaire mondiale:

"Pour les pays en développement, le défi est redoutable. Car cette nouvelle agriculture impose de faire la révolution dans les campagnes en parallèle avec celle des villes. Jusqu'ici, le développement, asiatique en particulier, a été axé sur l'industrie exportatrice et la zone urbaine. Les structures familiales des campagnes ont été volontairement laissées en l'état : on ne pouvait faire la révolution partout à la fois. Demain, il faut continuer de transformer les enfants de paysans en ouvriers des villes, mais aussi les transformer sur place en agriculteurs-entrepreneurs. Il faut remembrer, introduire la technologie, moderniser tous les circuits de financement et de distribution. Le risque politique est évidemment immense. Mais il faut choisir entre pénurie dans les villes ou révolution dans les champs. "
(Le retour des ventres creux, Lemonde.fr du 13 avril)

Et en effet, lorsqu'on s'éloigne d'une dizaine de kilomètres de Shanghai, on ne peut être que surpris du contraste entre cette vaste périurbanisation industrielle qui côtoie des potagers familiaux (dont les exploitants vivent le plus souvent dans des taudis en bordure d'usines...).


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