Sunday, March 23, 2008

Les temps sont durs...

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Quelques remarques en vrac sur l'actualité des médias en ce moment en Chine:

* Suite aux évenements qui se sont déroulés au Tibet, une censure impitoyable s'est abattue sur les médias étrangers présents en Chine par le biais d'internet.
- En temps habituel, certains articles en rapport avec les sujets "sensibles" (Taiwan, Tibet...) ou critiquant la politique du gouvernement de Pékin sont censurés, proportionellement à l'agressivité des propos tenus (c'est-à-dire que TOUS les articles ne sont pas interdits, seulement ceux franchissant la ligne rouge, qui définit le tolérable du non-acceptable aux yeux des autorités chinoises).
De la même manière, si certains sites de partage des images et de l'information sont illégaux (Wikipédia, dailymotion, des hébergeurs de blogs), d'autres sont autorisés, comme YouTube.

- Désormais, tous les médias internationaux sont censurés, sans exception. Ce n'est même pas l'accès aux articles "génants" qui est refusé, c'est tout simplement l'accès au site d'information. Cela fait plus de trois jours que je ne peux plus me connecter au monde.fr, figaro.fr, et même à ouestfrance.fr!
Et il va sans dire qu'il est maintenant impossible de lire une quelconque vidéo sur le net, via YouYube ou autres...

* Ma seule source d'information non controlée réside dans les podcasts auxquels je suis abonnée! Chaque jour, je recois dans ma bibliothèques itunes des podcasts (i.e des contenus d'information radio/télé numérisés pour une diffusion internet; par exemple: le journal de LCI réformaté dans une version destiné aux internautes) de France Inter, LCI et i>TELE qui m'informe l'actualité du monde et française. Par ce biais, je peux avoir accès aux images d'émeutes à Lhassa, interdites en Chine. Et me faire une idée de ce qui se passe réellement ici.

* Évidemment, il n'y a pas, en Chine, de couverture médiatique et analytique des évènements au Tibet. Seulement une diffusion des images officielles et une retranscription minutieuse de toutes les paroles des autorités.
En lisant plus attentivement les quotidiens anglophones tels que le China Daily ou le Shanghai Daily, je me suis aperçue qu'il n'existait pas dans la presse chinoise des articles d'information tels qu'on les conçoit en France. Ici, ce sont davantage des compte rendus que véritablement des articles. Tout papier commence ainsi: "Selon les autorités de Pékin...", "Le vice-premier ministre a déclaré que...", "Wen JiaBao a annoncé hier que...", et l'ensemble du récit se compose ensuite à 70% de passages cités entre guillemets.
Être journaliste en Chine, c'est malheureusement être script.

* Sinon, pour rester dans une veine politique, sans que cela n'est vraiment à voir avec les médias, j'ai remarqué que le "chef" (président?, premier ministre?, chef de la majorité?) de Taiwan jouissait d'une appellation délicieusement diplomatiquement floue: il est désigné par les autorités chinoises comme le "leader" de Taiwan.
Hier, "Élection du nouveau leader de Taiwan, avec 59% des voix". Leader, c'est génial ça comme concept juridique.


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